Les clichés de Fred Goudon subliment le corps masculin

Porté aux nues, par le nu masculin

Fred Goudon et le calendrier : « Les dieux du stade »

Entre la France et les Etats-Unis, Fred Goudon occupe une place singulière dans la photographie contemporaine, depuis plus de deux décennies. Concentré sur le nu masculin, il propose un style qui mêle intensité, sensualité et élégance. Mais son approche, loin d’être simplement esthétique, interroge l’identité, la puissance et la vulnérabilité de ses modèles, à travers des images, le plus souvent en noir et blanc, soigneusement construites.

Les nus masculins de Fred Goudon l’ont porté progressivement aux premiers rangs de la scène artistique française et internationale. Son travail a d’abord intéressé les agences de mannequin internationales -il réalise des books pour les candidats masculins débutant dans la profession- et par extension la mode, la publicité … Mais ce sont ses fameux calendriers qui le projettent vers le grand public -féminin pour une part importante- et qui acquièrent une notoriété quasi universelle. Le premier de ces calendriers « Les dieux du Stade » célèbre la nudité des joueurs de rugby du Stade français, d’une manière suggestive audacieusement teintée de références homoérotiques. Ces sportifs, emblèmes des représentations hétérosexuelles de la virilité, ont sorti la nudité masculine de sa marginalité pour en faire un produit grand public.

La composition crée un contexte et une ambiance

Des poses étudiées mais naturelles

Apparemment spontanées, les photos de Fred Goudon reposent en fait sur un ordonnancement étudié. Les scènes et les poses relèvent d’une élaboration préalable qui, du statique au mouvement, utilisent un vocabulaire classique mais une sémantique appropriée au thème et au contexte, pour composer des séries quasi cinématographiques.

En studio ou à l’extérieur, les décors sont minimalistes, la nature, les environnements urbains, laissent la vedette aux corps objets de la prise de vue. Ils se fondent parfois dans des éléments naturels – eau, terre, feuillage – formant une harmonie visuelle qui renforce la dimension instinctive et primaire de la masculinité.

Un univers qui induit une émotion palpable

Malgré la diversité des projets, on retrouve une cohérence visuelle et narrative : la recherche du beau, du vrai, du sensible. Ses œuvres fonctionnent comme un album d’histoires silencieuses, où chaque image renvoie à une émotion personnelle et universelle à la fois.

Parfois, des lieux bruts -entrepôts, carrières, ateliers- renvoient à une représentation virile du masculin, tout en créant une tension esthétique entre fragilité charnelle et brutalité des éléments de contexte. Qu’il photographie un athlète, un mannequin ou un inconnu, Fred Goudon cherche toujours l’étincelle de l’émotion. Ses modèles, parfois dans un moment de repos, parfois dans une pose héroïque, expriment souvent un mélange de force et de vulnérabilité qui donne vie aux séries.

Le corps comme paysage

Le corps est abordé comme un territoire à explorer, dans son entièreté ou de manière incomplète. Les cadrages transforment une épaule en montagne, une hanche en courbe abstraite. Cette approche transforme le modèle masculin en objet d’art à part entière. Fred Goudon n’est pas seulement un photographe du corps masculin ; il est un conteur visuel qui explore la beauté sous toutes ses facettes. Son œuvre est un hommage à la sensibilité, à la force et à la poésie du corps.

L’influence de Fred Goudon dans la photographie contemporaine

Fred Goudon participe à une redéfinition de l’esthétique masculine, un peu comme Bruce Weber qui l’a inspiré au départ. Il pose un regard admiratif et décomplexé sur le masculin, fait fî du cloisonnement des genres artistiques, hisse le corps de l’homme au rang d’objet artistique. Le photographe français s’inscrit dans la lignée de grands artistes de l’Underground tels que Robert Mapplethorpe qui, plusieurs décennies plus tôt, a créé le genre du nu masculin en photographie artistique. Longtemps relégué à la marge de l’art (comme emblème exclusif du gay et du queer), le nu masculin devra à Fred Goudon l’immense rejoindre les médias et les galeries en toute légitimité artistique.

Fred Goudon est aujourd’hui une figure incontournable de la photographie française. Par son approche artistique, il continue de transformer la perception du corps masculin dans l’imaginaire collectif. De nombreux photographes actuels revendiquent l’influence de son travail : l’usage de la lumière, l’équilibre entre force et délicatesse, l’esthétique très cinématographique sont devenus des références. Parmi eux, Haroboz a choisi sa propre voie en créant des images baroques, qui vont du nu masculin, au portrait, à la métaphore, en clin d’œil à sa démarche d’introspection antérieure comme si, au-delà de l’autocensure, les images avaient pris le relais des mots.

FAQ

Fred Goudon est originaire de la côte d’Azur. Il a débuté en réalisant des books de jeunes mannequins masculins, à Los Angeles dans les années 80, avant de revenir en France. Après 40 années de photo, Fred Goudon est l’auteur d’une vingtaine de livres et de calendriers dont le Calendrier des Dieux du stade et le Calendrier des Pompiers, dans lesquels il sublime les corps masculins.

Influencé dans sa jeunesse par Bruce Weber, Fred Goudon s’inscrit dans lignée de Robert Mapplethorpe et reste attaché au noir et blanc. Ses clichés d’hommes nus (aux proportions avantageuses), oscillent entre esthétique noble, érotisme et émotion. Son travail est particulièrement apprécié du public féminin qui représente l’essentiel de la clientèle de ses fameux calendriers (« Les dieux du stade » ; « le calendrier des pompiers, des agriculteurs … »).

Le  travail de Fred Goudon est un succès d’édition et ses calendriers sont en vente un peu partout. Fred Goudon expose régulièrement et participe activement à la diffusion de ses œuvres sur le Net, via les réseaux sociaux.

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